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Musique maestro

Jean Mouton, polyphoniste de la Renaissance

Jean Mouton, polyphoniste de la Renaissance

Jean Mouton, de son vrai nom Jean de Hollingue, est l'un des grands compositeurs de la Renaissance française, né vers 1459 à Samer, en Picardie, et mort à Saint-Quentin le 30 octobre 1522. Maître de chapelle au service des rois Louis XII et François Iᵉr, il a formé plusieurs des compositeurs les plus importants du XVIe siècle, dont Adrian Willaert. Ses œuvres sont principalement vocales : motets, messes et chansons à plusieurs voix.

Une carrière au service de la cour de France

Mouton commence sa carrière dans les maîtrises du nord de la France avant d'entrer à la chapelle d'Anne de Bretagne, épouse de Louis XII, dont il devient le musicien favori. Il prend la tête de la chapelle du palais en 1505. À la mort de la reine en 1514, il devient maître de chapelle du roi, d'abord sous Louis XII puis sous François Iᵉr. Élu chanoine de la collégiale de Saint-Quentin en 1518, il y finit ses jours et y est enterré.

AnnéeÉtape
Vers 1459Naissance à Samer
1505Maître de la chapelle du palais auprès d'Anne de Bretagne
1510Motet Non nobis Domine pour la naissance de la princesse Renée
1514Motet Quis dabit oculis nostris à la mort d'Anne de Bretagne ; maître de chapelle du roi
1518Chanoine de Saint-Quentin
1522Mort à Saint-Quentin, le 30 octobre

Style et Écriture

Mouton s'inscrit dans la tradition polyphonique franco-flamande héritée de Josquin des Prés, dont il fut probablement l'élève ou le contemporain proche. Son écriture se distingue par la fluidité des lignes vocales, l'usage du canon et une gestion des dissonances plus douce que chez ses prédécesseurs. Ses motets à quatre voix sont particulièrement estimés : ils allient rigueur contrapuntique et expressivité du texte, anticipant les développements de la musique sainte de la seconde Renaissance.

Plusieurs de ses motets sont des œuvres de circonstance liées à la vie de la cour : une naissance princière, un deuil royal. Cette écriture pour l'événement le distingue de nombreux contemporains restés au service exclusif d'une église.

Répertoire et enregistrements

Son catalogue réunit près de 20 messes, dont certaines ne subsistent qu'à l'état de fragments, une centaine de motets, 10 Magnificat, des psaumes en latin et une vingtaine de chansons françaises. Ses motets Nesciens mater et Salve mater salvatoris figurent parmi ses pièces les plus fréquemment interprétées aujourd'hui. Nesciens mater, écrit en canon, passe pour son œuvre la plus célèbre.

Plusieurs ensembles vocaux spécialisés dans la musique ancienne (The Tallis Scholars, Ensemble Clement Janequin) ont enregistré ses œuvres. Les Tallis Scholars, dirigés par Peter Phillips, lui ont consacré en 2012 un disque réunissant la messe Dictes moy toutes voz pensées et cinq motets, distingué par un Diapason d'or. Pour découvrir Mouton, commencez par un enregistrement de ses motets avant d'aborder ses messes plus longues.

Influence et postérité

Mouton a transmis le style franco-flamand à la génération suivante de compositeurs italiens et flamands. Son élève Willaert portera ce style à Venise, où il fondera l'école des polychoraux de Saint-Marc. L'influence de Mouton traverse ainsi toute la musique sainte européenne du XVIe siècle, et ses œuvres sont encore chantées à la chapelle pontificale de Rome. Pour suivre cette lignée au-delà de Mouton, découvrez aussi Thomas Crecquillon, compositeur flamand de Charles Quint.

Questions fréquentes sur Jean Mouton

Quel est le vrai nom de Jean Mouton ?

Il s'appelait Jean de Hollingue ; les documents anciens l'écrivent aussi Jehan de Hollingue ou Houllingue.

Quelle est l'œuvre la plus connue de Jean Mouton ?

Le motet Nesciens mater, construit en canon, est généralement présenté comme sa pièce la plus célèbre.

Où est enterré Jean Mouton ?

Il repose à la collégiale de Saint-Quentin, dont il était chanoine depuis 1518.

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